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La Vendée Arctique fait venir la course au large aux portes de Privilège Marine

Aux Sables-d’Olonne, Privilège Marine et la Vendée Arctique se partagent une scène exceptionnelle où la course au large côtoie le savoir-faire artisanal de la navigation hauturière.

Les Sables-d’Olonne est comme chaque année l’un des ports les plus suivis de la course au large. La Vendée Arctique enverra neuf skippers IMOCA vers le nord depuis Port Olona, en direction du cercle polaire arctique, avant de les ramener sur la côte vendéenne. La course est courte par rapport au Vendée Globe, mais elle n’en est pas moins exigeante. Elle se dispute en solitaire, sans escale et sans assistance. Elle couvre 2 222 kilomètres (1 200 milles marins), sans itinéraire fixe. Chaque skipper doit franchir le cercle polaire arctique à la longitude de son choix, puis revenir aux Sables-d’Olonne. Pour Privilège Marine, basé dans ce même port, cette semaine est bien plus qu’un simple événement sportif. C’est l’occasion d’accueillir les visiteurs dans un chantier naval imprégné de la culture hauturière, tandis que le village de la course offre un accès direct aux marins, aux bateaux, aux équipes et au départ, le dimanche 7 juin.

Le port Atlantique où se croisent la course au large et la construction navale

Rares sont les endroits où un chantier naval et une grande course au large entretiennent une relation aussi naturelle. Aux Sables-d’Olonne, ce lien n’est pas purement symbolique. Il est à la fois physique, historique et commercial. Le village de la Vendée Arctique sera installé sur l’esplanade du Vendée Globe. Les bateaux IMOCA partiront de Port Olona. Privilège Marine construit ses catamarans hauturiers à seulement 10 mètres de là, au cœur du même écosystème maritime.

La géographie a son importance. Ici, la voile au large n’est pas un concept abstrait. Elle fait partie intégrante de l’économie locale, du front de mer et de l’imaginaire collectif. Les Sables-d’Olonne sont le port de départ et d’arrivée du Vendée Globe. C’est également là que se trouve un chantier naval dont l’histoire a débuté en 1985 avec Philippe Jeantot, le navigateur étroitement lié à la création du Vendée Globe et au projet initial du catamaran « Privilège ».

La Vendée Arctique 2026 offre à ce lien une nouvelle tribune publique. Les visiteurs peuvent venir découvrir le village de la course, admirer la flotte IMOCA, suivre le départ dans le chenal et profiter de cette même visite pour découvrir un chantier naval dédié non pas à la course au large sur de courtes distances, mais à la croisière au long cours. Ce contraste est instructif. Il met en lumière deux réponses à la même question concernant la navigation au large. L’une repose sur la performance radicale, en solitaire, sous la pression de la course. L’autre mise sur le confort, la sécurité et l’autonomie au long cours pour les propriétaires qui souhaitent traverser les océans en famille ou avec des invités.

La course qui mène les skippers IMOCA vers le cercle polaire arctique

La Vendée Arctique est une course IMOCA. Cela signifie que les bateaux appartiennent à la même classe que ceux utilisés lors du Vendée Globe : des monocoques de 18,28 mètres (60 pieds), conçus pour la course au large en solitaire au plus haut niveau. Ce ne sont pas des voiliers au sens classique du terme, destinés aux loisirs. Ce sont des prototypes conçus pour allier vitesse, solidité, fiabilité, optimisation de la route en fonction des conditions météorologiques et capacité d’un seul navigateur à continuer d’avancer malgré une fatigue extrême.

L’édition 2026 est la troisième édition de la course. Elle débutera le dimanche 7 juin, le départ officiel en mer étant prévu à 13 h 02, heure locale, dans la baie des Sables-d’Olonne. Le programme destiné au public commencera plus tôt. Le village s’ouvre à 8 h, les bateaux IMOCA doivent quitter les pontons à 10 h 30, et le public pourra assister au passage dans le célèbre chenal avant de suivre le départ en direct sur un grand écran installé dans le village.

Le format est simple à décrire, mais difficile à mettre en œuvre. Les skippers partent des Sables-d’Olonne, mettent le cap au nord, franchissent le cercle polaire arctique à 66 degrés nord, puis reviennent aux Sables-d’Olonne. La distance officielle de la course est de 2 222 kilomètres (1 200 milles marins). La durée prévue est d’environ huit à dix jours, les arrivées étant attendues vers la mi-juin.

Cette distance peut paraître modeste comparée au Vendée Globe, qui fait le tour du monde. Ce n’est pourtant pas une course mineure. L’Atlantique Nord peut se montrer violent, instable et impitoyable sur le plan tactique. Le parcours expose les marins au froid, au brouillard, à une mer agitée et à des systèmes dépressionnaires qui se déplacent rapidement. Ces conditions peuvent mettre à rude épreuve un bateau trop exposé, un skipper qui manque de sommeil ou un choix d’itinéraire pris trop tardivement.

Vendée Arctique

Le parcours ouvert qui modifie le problème stratégique

Le principal changement pour 2026 concerne le parcours libre. Il n’y a pas de route fixe à suivre ni de longitude obligatoire pour franchir le cercle polaire arctique. Chaque skipper doit décider par où se diriger vers le nord, où franchir le 66e parallèle nord et comment revenir vers les côtes de la Vendée.

C’est important car, en course au large, l’issue est souvent scellée avant même que le public ne constate le résultat évident. Un skipper qui opte pour une route plus à l’ouest peut trouver plus de vent, mais aussi une mer plus agitée. Un skipper qui choisit un cap plus prudent peut protéger son bateau, mais perdre des heures qu’il ne pourra pas rattraper. Dans une course courte, un seul système météorologique peut déterminer le classement final.

Le cercle polaire arctique est la porte d’entrée symbolique, mais le véritable champ de bataille, c’est la météorologie. Les marins doivent analyser les systèmes de pression, les changements de vent, la température de la mer, les courants, les restrictions liées à la glace et les zones d’exclusion. Ils doivent également gérer leurs propres limites humaines. Un IMOCA peut parcourir des centaines de kilomètres en une journée, mais le marin doit rester suffisamment vigilant pour régler les voiles, effectuer des réparations, choisir son itinéraire, manger, dormir et éviter les erreurs catastrophiques.

C’est pourquoi la Vendée Arctique occupe une place importante dans le cycle du Vendée Globe. Il s’agit du premier test en solitaire majeur sur la voie menant au Vendée Globe 2028. Elle offre aux skippers l’occasion de valider leurs systèmes, de mettre à l’épreuve de nouvelles configurations et de se mesurer à leurs rivaux dans un format qui récompense à la fois la vitesse et le discernement.

Une flotte qui mêle des foilers de nouvelle génération et des bateaux qui ont fait leurs preuves

Neuf skippers sont attendus sur la ligne de départ. La liste des participants est restreinte, mais présente un intérêt technique certain. Elle comprend des IMOCA à foils de nouvelle génération, des bateaux récemment mis à l’eau, ainsi que des bateaux plus anciens qui ont été réaménagés, rebaptisés et adaptés à de nouveaux programmes.

Sam Goodchild sera aux commandes du MACIF Santé Prévoyance, un voilier conçu par Guillaume Verdier, construit en 2022 par CDK Technologies et MerConcept, et mis à l’eau en 2023. Il s’agit de l’une des références modernes les plus solides de la flotte, fort de résultats récents de haut niveau et d’une réputation de performance. Corentin Horeau prendra le départ à bord de MACSF, l’ancien Paprec Arkéa, un voilier de 2022 conçu par Antoine Koch et Finot-Conq, construit par Multiplast et mis à l’eau en 2023. Ambrogio Beccaria s’engage avec Allagrande Mapei, un autre foiler de la génération 2022, mis à l’eau en 2023, anciennement connu sous le nom de For People.

Élodie Bonafous prend le départ à bord de l’Association Petits Princes – Quéguiner, l’un des bateaux les plus récents de la course. Construit en 2024 par CDK et MerConcept et mis à l’eau en 2025, il s’agit d’un navire jumeau du MACIF Santé Prévoyance, conçu par Guillaume Verdier. Violette Dorange navigue à bord d’Initiatives-Cœur, un voilier conçu par Sam Manuard, construit en 2022 et mis à l’eau la même année. Francesca Clapcich représente 11th Hour Racing sur un IMOCA de 2022 conçu par VPLP, anciennement baptisé Malizia – Seaexplorer.

La flotte compte également des bateaux à l’histoire bien plus riche. Nico d’Estais naviguera à bord du Café Joyeux, l’ancien MACIF de François Gabart, construit en 2010 et mis à l’eau en 2011. Sous d’autres noms, il a remporté le Vendée Globe et la Route du Rhum. Le « Coup de Pouce » de Manuel Cousin est un autre voilier conçu par VPLP-Verdier en 2010, mis à l’eau la même année et qui s’est illustré lors de plusieurs campagnes. Arnaud Boissières prendra le départ à bord de l’« April Marine », l’ancien « Hugo Boss » de 2015, qui a ensuite navigué sous plusieurs autres noms.

Cette diversité constitue l’un des atouts de la classe IMOCA. Les nouveaux bateaux intègrent les dernières innovations en matière de foils, de protection du cockpit, de forme de coque et d’ergonomie. Les bateaux plus anciens ont accumulé des milles, des données et des traces de leur parcours. En course au large, la nouveauté n’est pas automatiquement synonyme de sécurité, et l’ancien n’est pas automatiquement synonyme de lenteur. Un bateau qui a fait ses preuves, entre des mains expertes, peut rester dangereux. Un nouveau foil peut être rapide, mais extrêmement exigeant.

Le défi technique derrière ce spectacle

Pour le grand public, un départ d’IMOCA est un spectacle de couleurs, de sons et de mouvement. Pour les ingénieurs et les marins, c’est un test de résistance. Ces bateaux mesurent 18,28 mètres (60 pieds) de long, avec un tirant d’eau d’environ 4,5 mètres (14,8 pieds). Leurs mâts s’élèvent à environ 29 mètres. Leur surface de voile peut dépasser plusieurs centaines de mètres carrés, selon la configuration. Les versions modernes équipées de foils peuvent atteindre environ 75 km/h (40 nœuds) au vent arrière dans des conditions de vent fort.

La vitesse n’est qu’un élément parmi d’autres. Le skipper est seul. Chaque manœuvre demande de l’énergie. Chaque changement de voile comporte un risque. Chaque bord rapide sur une mer agitée fait subir des chocs à la coque, aux foils, au gréement et au navigateur. Dans le Grand Nord, le froid et la fatigue viennent s’ajouter à ces difficultés. La condensation, la visibilité réduite, la fiabilité des équipements électroniques et la simple capacité à rester au sec deviennent autant de facteurs qui influent sur les performances.

Le parcours de 2026 impose également des contraintes environnementales et de sécurité. Les skippers doivent respecter les zones d’exclusion des glaces près du Groenland ainsi que les zones de protection de la biodiversité. Ces limites ne sont pas de simples détails administratifs. Elles déterminent le tracé de la route. Elles peuvent fermer la ligne la plus directe et obliger les marins à choisir entre une distance plus longue, des vents plus forts ou un état de mer plus sûr.

C’est pourquoi la Vendée Arctique ne doit pas être considérée comme un prologue promotionnel. Il s’agit d’une véritable course. Elle peut certes servir de qualification et de préparation au Vendée Globe, mais les risques, les décisions et les conséquences sont immédiats.

Le village qui fait entrer l’Arctique à Port Olona

Du 30 mai au 7 juin, le village de la course sera ouvert au public sur l’esplanade du Vendée Globe. L’entrée est gratuite. Les horaires d’ouverture officiels sont de 10 h à 20 h pendant la semaine du village, avec une ouverture exceptionnelle à 8 h le jour du départ.

Le programme ne s’adresse pas uniquement aux spectateurs. Il comprend des courses de vitesse IMOCA dans la baie, des rencontres avec les skippers, des animations grand public, des espaces de restauration, ainsi que des contenus pédagogiques sur l’Arctique. Des institutions et organisations liées aux sciences de la mer et à la sensibilisation à l’environnement devraient être présentes, notamment l’IFREMER, l’Institut polaire français, Plastic Odyssey et Under the Pole.

C’est important car l’Arctique n’est pas qu’une simple toile de fond. C’est l’une des régions les plus exposées du système climatique. Une course qui envoie des marins vers les hautes latitudes se doit d’expliquer ce que représente cette région. Le village peut contribuer à transformer un événement sportif en un débat public sur les océans, la glace, la biodiversité et la responsabilité humaine.

Pour les familles, les passionnés de voile et les futurs propriétaires de voiliers, cette semaine offre une occasion unique. Les visiteurs peuvent observer les équipes à l’œuvre, découvrir la technologie utilisée et se familiariser avec l’aspect humain des courses au large avant que les bateaux ne partent vers le nord.

Le jour de début de la visite à prendre en compte dans l’organisation de son séjour

La date à retenir est le dimanche 7 juin. Les visiteurs sont invités à prévoir d’arriver tôt. Le village ouvre à 8 h. Le départ des IMOCA des pontons est prévu à 10 h 30 ; ils emprunteront alors le chenal, l’un des moments les plus émouvants de la course au large française. Le départ officiel est fixé à 13 h 02 au large, dans la baie.

Une journée réussie ne se résume pas seulement à admirer les bateaux. C’est aussi ressentir le rythme de la ville qui change. Le port s’anime. Les équipes s’affairent avec détermination. Les spectateurs se pressent le long du chenal. Les skippers, qui étaient jusqu’alors des personnalités publiques, redeviennent des marins soumis à la pression. En l’espace de quelques heures, l’ambiance de village laisse place à celle d’une course.

Pour les visiteurs étrangers, c’est également l’occasion idéale de combiner plusieurs expériences. En une seule journée, il est possible de découvrir le village Vendée Arctique, le départ de la Manche, le départ retransmis sur grand écran et de visiter Privilège Marine. Cette combinaison permet de mieux appréhender Les Sables-d’Olonne, un lieu où la course au large et la construction navale ne font qu’un.